Sang.
Sang rougeoyant, sang s’enfuyant.
Fort, plus fort !
Enfoncer une lame froide dans une chair rose,
Expier tous les péchés, les fautes, les regrets…
Souffrir pour pardonner, pardonner pour survivre.
Souffrir pour vivre.
Sentir le froid mélanger au chaud, ce chaud tournoyant, ce liquide incessant.
Il ne s’arrête jamais le sang de mes fautes, le sang de ma peine.
La peine de ma vie.
C’est ma faute, c’est mon devoir, je dois expier, je dois regretter.
On est maître de son destin, on est maître de sa souffrance.
Mais moi on me l’a imposé et je ne peux rien enlever.
Continuer,
Continuer toujours jusqu’à la mort.
Non pas la mort, la vie.
Souffrir pour survivre.
Sang !
Sang dans cette chair si coupable, cette chair faible qui cède à tout.
Cette peau si pâle bientôt rougie de honte, de souffrance et de mélancolie.
Bientôt une jolie cicatrice.
Si parfaite, si belle contre un être si faible.
Rouge sur blanc, mais un blanc si sombre rempli de noirs péchés…
Auteur : Violaine Combe
Illustration : Sanguinis Mortum de Vladheim (Hugues Perrin).