Oh maman je t’en prie berce-la tendrement
Cajole-la toujours, ta fille, ton enfant
Mais ne remarque pas
Que pendant tes absences, elle est morte en tes bras.
Ces murmures douceâtres : un jouet de chiffon ;
Tu n’avais pas compris, ne donnait pas raison…
Tu étais aveuglée.
Amère, tes non-dits : n’était-elle que poupée ?
Caresse donc sa peau : la pauvre était damnée.
Derrière ses paupières, des tous petits yeux gris ?
Les perles étaient nacrées :
A force de t’y voir, tu les croyais en vie.
Et tu te méprenais : « Qu’elle est belle ! » Illusion…
Tes fausses attentions n’étaient que des aiguilles
Pour ce bout de coton.
Ainsi tu l’enlaçait pour étouffer ses cris…
Quelle magnificence, la lueur des bougies,
Le parfum assommant de ces encens rougis…
Et la poupée, si belle !
Quel spectacle divin… Et quel terrible autel !
Mais son visage est froid et sa peau est si blanche,
Que tu la berces encore pour la réchauffer.
Effleure un peu sa joue parfois quand tu te penches ;
Même si elle n’est plus, prends soin de ta poupée.
Auteur : Nymphe dark